Vauban

(1633 - 1707)

Sébastien le Prestre, marquis de Vauban



Sébastien Le Prestre, marquis de Vauban, est né en 1633, de modeste noblesse, à Saint-Léger-Vauban (Yonne). A 18 ans (1651), il est reçu cadet dans l'armée de Condé en révolte contre le roi. En 1653, Vauban, dont le talent de "fortificateur" a été remarqué, est fait prisonnier dans des circonstances qui mettent en valeur son courage. Mazarin en personne le reçoit et le convainc de passer au service du roi. Alors débute une longue carrière d'indéfectible fidélité et de dévouement à Louis XIV.

Reçu ingénieur en 1655, il devient lieutenant puis capitaine. Il est plusieurs fois grièvement blessé au combat. En 1667-1668, sous les ordres de Louis XIV en personne, il se distingue par le perfectionnement des techniques d'attaque et de défense et remporte de nombreux sièges (Mons, Namur, Steinkerque).

« Ville assiégée par Vauban, ville prise » , dit-on alors.

Louvois, secrétaire d'Etat à la Guerre, le charge de fortifier les villes frontières de France. Vauban construit à Lille "la reine des citadelles" et en devient gouverneur. Il sillonne le pays, relève les défauts des ouvrages existants, suggère les améliorations à y apporter, élabore de nouveaux plans, s'occupant des moindres détails.


Ainsi naît un nouvel adage :

« Ville fortifiée par Vauban, ville imprenable ».

Colbert l’appelle pour renforcer les places maritimes. La ville close de Concarneau et la citadelle de Belle-Ile ont bénéficié de son intervention. Vauban vérifie l'état des fortifications du Port-Louis et vient dans notre région à deux reprises, en 1683 et en 1695.

En 1683, son jugement sur la citadelle est sévère. Il revient en 1695 pendant la guerre de la Ligue d'Augsbourg (1689-1697. Vauban inspecte les batteries de Gâvres et de Larmor et, cette fois, il estime "le Port-Louis fort bien muni de gros canons". Inutile de renforcer le site.

Cette incessante activité ne laisse guère de place à une vie de famille dans son château de Bazoches, et sa carrière professionnelle piétine. Il a mené 150 sièges et construit ou réaménagé 118 places fortes, il obtient la Croix de Saint-Louis en 1693, le bâton de maréchal de France en 1703, à l'âge de 70 ans ! et la Croix du Saint-Esprit en 1705. Il est vrai qu’il n'hésite pas à émettre des critiques adressées à Louvois et même au roi.

Ses écrits sont nombreux et variés : "un projet de jonction de la Saône et de la Loire", ou le "dessin d'un mouton pour enfoncer les poutrelles des écluses" ; la "Description Géographique de l'Election de Vézelay" ; il élabore un formulaire de recensement, préconise la prospection minière, conseille l'irrigation aux cultivateurs de Provence, écrit un "Traité de la Culture des Forêts", un "Traité de la Navigation des Rivières" et même un "Traité de la Cochonnerie" sur la capacité de reproduction des truies. Militaire, Vauban a su mettre son art et ses techniques au service des civils :

- percement des canaux de Saint-Omer, de la Bruche et de Neuf-Brisach ;

- améliorations des ports de Dunkerque et d'Antibes ;

- participation à la construction de l'aqueduc de Maintenon.

Son attention embrasse les colonies : "Moyen d'Etablir nos Colonies d'Amérique" ; la religion : "Mémoire sur l'Intérêt Présent des États de la Chrétienté". Il demande le rappel des protestants chassés par la révocation de l'Edit de Nantes. Il souhaite "une dîme royale", plus égalitaire que la “taille” en vigueur, et encourt la disgrâce avec son ultime livre : "Projet d'une Dîme Royale". Livre interdit par arrêt du 14 février 1707. Vauban mourut le 29 mars 1707, à Paris.

En 1808, Napoléon Ier fit placer le cœur de Vauban aux Invalides. Son corps repose dans l'église de Bazoches


 Bibliographie