Louis
le Pen Joachim
Uhel
(1887- 1925) (1893- 1925)
Deux
marins du pays, victimes de leur
générosité
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Le
23 février 1925 au soir, une violente tempête se
lève dans le golfe de
Gascogne. Un dundee lorientais, Gloire
de Dieu, trouve refuge dans le
port de la Rochelle, ainsi que quelques autres bateaux de
pêche tel que
Fleur
d'Alsace des Sables d'Olonne.
Un cargo espagnol,
Cristina-Rueda,
ayant subi une avarie de gouvernail, a été
drossé sur
les rochers de la côte sauvage, au sud de l'île de
Ré, dans la nuit du
23 au 24 février. La tempête bat son plein et une
série de déboires
vont s'enchaîner. L'équipage du cargo tente de
mettre ses deux
baleinières à l'eau : elles sont
emportées par les vagues. Un des
occupants arrive à gagner le rivage à la nage et
donne l'alarme.
Le
bateau de sauvetage de La Pallice, puissant canot à moteur,
prend la
mer, mais endommagé par une violente rafale, il doit
regagner sa base.
Les
canots de sauvetage de La Rochelle (voiles et moteur) et de
l'île de Ré
(voiles et rames) ne pourront quitter leur port que dans
l'après-midi,
quand la marée sera suffisamment haute. Celui
d'Oléron devra rebrousser
chemin devant la violence de la tempête. En attendant, trois
marins-pêcheurs de Ré avec leur yole de 5
mètres, arrivent à sauver
deux naufragés accrochés à un radeau
rudimentaire. Arrivé sur les lieux
du naufrage, le canot de sauvetage de Ré trouve une
épave presque
complètement submergée et ne voit aucun signe de
vie. Estimant qu'il
n'y a plus d'espoir, il fait demi-tour et transmet l'information au
canot de La Rochelle qu'il croise. Celui-ci retourne à sa
base.
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L'Illustration,
1925
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Louis le Pen,
marin de Port-Louis
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Mais la nuit
suivante, les douaniers de surveillance aperçoivent des feux
sur l'épave. Les marins ne peuvent en effet se signaler que
lorsque la marée découvre suffisamment la coque
disloquée.
Les bateaux de sauvetage sont de nouveau sollicités. Seul
celui de La Rochelle répond à l'appel mais son
équipage étant incomplet, le patron Le
Hécho recrute des volontaires au port. Quatre hommes se
présentent, deux de Fleur d'Alsace, et deux de Gloire
à Dieu qui sont deux Port-Louisiens :
Louis Le Pen et Joachim Uhel.
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Joachim Uhel,
marin de Kerbel |
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Le 25
février au matin. La tempête est toujours aussi
violente. Le
bateau, vent debout ne peut progresser qu'au moteur, les hommes
d'équipage sont amarrés à leur banc.
Arrivé quatre heures plus tard sur
les lieux du naufrage, le canot est brutalement pris par une vague
énorme qui le retourne. De la côte, une
chaîne s'organise pour tenter
de récupérer les hommes agrippés
à la coque. Elle pourra en repêcher
deux et le patron Le Hécho qui s'efforçait de
gagner la terre à la
nage. Le canot, réputé insubmersible n'arrivera
pas à se redresser. Il
finira par s'échouer, quille en l'air, livrant alors les
corps de deux
matelots, dont Le Pen, qui n'avaient pu se libérer de leurs
liens. Les
corps des autres naufragés du bateau de sauvetage et du
cargo dont la
coque s'est rompue au matin du 26 février, seront
retrouvés sur les
plages de l'île, au gré des courants.
Le bilan final de ce naufrage
est très lourd : 5 survivants sur 19 pour le cargo; 3 sur 8
pour le
canot (dont un seul des volontaires). Les cercueils de Joachim Uhel et
de Louis Le Pen furent ramenés à Port-Louis par le Gloire à Dieu
le 3
mars 1925.
Le nom de ces deux courageux et généreux marins a
été
donné à deux rues de la ville ( rue Joachim Uhel et rue Louis le Pen). On peut regretter
le laconisme des
plaques qui ne fournissent aucune information sur la profession et le
sacrifice de ces hommes.
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Mireille Richard
Bibliographie
Chroniques Port-Louisiennes
n°6, mai-juillet 1993
L'illustration, 7 & 28 mars 1925
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