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Situé
à l'embouchure du Blavet, c'est d'abord sous le nom
de Port-Blavet ou plus simplement de Blavet que le Port-Louis
apparait dans les textes, par exemple dans le cartulaire de
Redon, en 871. C'est également ce nom que l'on trouve sur
les
portulans de Catalogne, au début du XIVè
siècle.
Etymologie de
Blavet
En breton, Blavet se dit Blahouèh, mot composé de
plat
(plat, large) et de gouèh (ruisseau) ; ce nom signifie donc
ruisseau large.(M. Cayot-Delandre, Le Morbihan, son histoire, ses monuments) On a dû dire d'abord Er-Bla-Houèt, et par la suite Bla-Houêh, sans article. On remarque la mutation du p de plat en b, à cause de l'article er ; du g de goueh en h après le t de plat, lequel a disparu. Il est probable que c'est comparativement aux cours d'eau voisins que celui-ci fut qualifié de "ruisseau large". Pour M. de la Sauvagère, qui construisit la Grande Poudrière en 1750 et était archéologue, la ville appelée Blabia ou Blaveta n'est pas Port-Louis mais Blaye, sur la Gironde (cité dans le Dictionnaire d'Ogée). Le chanoine Falc'hun estime que le breton Blahouêh peut logiquement découler de Blabia. A cette époque des guerres de siège, les villes étaient bâties sur des éminences ou au fond des estuaires. C'était le cas des deux puissantes voisines de Blavet : Hennebont et Pont-Scorff. Hennebont
Située au fond de l'estuaire du Blavet, a
été
très tôt un carrefour entre les deux rives du
fleuve et
entre la mer et l'arrière-pays.(Hen pont : le Vieux Pont) Du VIè au XIè siècle un château fort construit sur la "motte" établie sur les escarpements de la rive droite du Blavet commandait ce passage. En 1250, Jean I, duc de Bretagne, après le démantèlement du château, fit bâtir les remparts de la ville close sur la rive gauche du Blavet. Hennebont devint ainsi une des principales places fortes de Bretagne et fut jusqu'à la Révolution, le siège d'une sénéchaussée. Pont-Scorff
Située au fond de l'estuaire du Scorff, c'est une
"ville-pont",
selon l'expression de Claude Nières (Histoire de Lorient).
Ayant
absorbé l'ancienne paroisse de Lesbin (Lez-AIbin = cour de
Saint
Aubin), Pont-Scorff a vécu d'un commerce essentiellement
régional, commerce des grains, meunerie, boulangerie et
d'une
petite activité de construction navale.Ce site a également été le siège d'un établissement de Templiers, relayés ultérieurement par les Chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem. Tandis que la Justice royale s'exerçait à Hennebont, la Justice seigneuriale (haute et basse) des princes de Rohan-Guémené s'exerçait à Pont-Scorff, et la lande du Faouèdic (futur berceau de Lorient) en dépendait.
Avant-poste maritime
de ces deux
cités
fluviales, Blavet répartissait sa population entre deux
paroisses
situées de part et d'autre de l'isthme :
Locpéran
également orthographié Locpezran ou Loperan Locpéran
a vraisemblablement
eu pour éponyme
un évêque du Cornwall, saint
Péran qui a
également donné son nom à une
localité
d'Ille-et-Vilaine.
Une chapelle romane du XIè ou du XIIè siècle, dédiée à saint Péran, (puis à saint Pierre à partir du XIIè siècle), occupait l'emplacement de l'actuelle église saint-Pierre. Un calvaire couronnait le haut de la place, tandis qu'une fontaine et un lavoir en occupaient la partie la plus basse. C'est sur cette place que se tenaient les foires et les marchés et de nombreux commerces et artisans. En contrebas de la place saint-Pierre, le quartier du Driasker (en diaz ker : le village d'en bas) était le quartier des charpentiers et des calfats qui construisaient barques et chaloupe "dans la grève du Havre", "au devant de leurs maisons". En effet, à l'époque, la rade s'enfonçait jusqu'à la rue Marcel Charrier et au Mézat. Le Driasker était le point d'aboutissement du Grand Chemin. Locmalo
Locmalo avait aussi sa chapelle romane,
dédiée à saint Malo puis à
sainte
Marguerite (à partir du XVIIè siècle),
qui devint
ensuite Notre-Dame de Bonne Nouvelle, avant d'être
rasée
sous la Restauration.Locmalo était un village de pêcheurs, aux maisons couvertes de chaume, qui fut pillé et incendié en 1589, par Jérôme d'Arradon, Seigneur de Quinipily, gouverneur d'Hennebont pour la Ligue. Le havre de Blavet
C'était un port de
pêche,
somme toute assez modeste; mais c'était aussi un port de
commerce, une halte pour les bateaux des autres ports de l'Atlantique
et de la Manche, pour les navires hollandais, anglais ou espagnols
transportant du vin, des grains ou du poisson.C'était encore un port ducal dans lequel le duc Jean II entretenait une "marine de galées" à la fin du XIIIè siècle. C'était enfin le repaire de quelques marins aventureux qui dépouillaient les navires marchands "par force et violence" telle qu'en atteste une vive protestation adressée par le roi Charles VII au duc de Bretagne. Blavet fut donc témoin (et parfois acteur ou victime) de bien des aventures. En 890, il fut mis à sac par les Normands qui ravagèrent toute la côte, de l'embouchure de la Vilaine à celle du Blavet. En 1342, les Blavétins virent passer Amaury de Clisson et Gautier de Manny, commandant une flotte de "120 voiles amenant 2000 soldats du roi Edouard d'Angleterre" au secours de Jeanne de Montfort (dite Jeanne la Flamme),
En 1351, c'est de
Blavet que Duguesclin
s'embarqua pour l'Angleterre.
Depuis la défaite de La Roche Derrien, en 1347, Charles de Blois était prisonnier des Anglais. Il obtint d'Edouard III une libération provisoire pour réunir le montant de sa rançon et pour marier sa fille. Cette libération provisoire se fit en échange d'otages qui se rendirent à Londres, les deux fils de Charles de Blois (Jean et Guy), Bertrand Duguesclin, Jean de Beaumanoir (héros du combat des Trente) et quelques autres. En 1486, le duc François II fit le projet d'aménager le port de Blavet et surtout de le défendre, estimant "nécessaire pour le service du duc, pour le profit de ses sujets et pour la beauté du Havre et la sécurité des marchands d'édifier promptement une tour, à la pointe de la presqu'île et d'y tenir du canon". Mais la mort ne lui permit pas de mener ce projet à son terme. Le XVème siècle
Le rattachement de
la Bretagne à la France
En
1488, au décès de son père
François II,
Anne, âgée de douze ans, devenait duchesse.
L'occasion
était trop belle pour le royaume de France qui convoitait ce
duché depuis si longtemps. Après la
défaite de
Saint-Aubin-du-Cormier et malgré son mariage par procuration
avec Maximilien d'Autriche, Anne de Bretagne dut se
résoudre à épouser Charles VIII en
1491.Ils eurent trois fils et une fille dont aucun ne survécut. Devenue veuve, elle dut se remarier en 1499 avec Louis XII. Ils eurent deux filles, dont une, Claude, fut mariée à François d'Angoulême, le futur François 1er. Anne s'occupa très efficacement de la gestion de son duché. C'était une femme intelligente, cultivée, elle sut mener une politique de conciliation et d'assainissement qui insensiblement apporta une certaine aisance à un pays gravement affecté par les "dépopulations" et les "pilleries" du siècle précédent. Anne mourut en 1514 à trente-huit ans, mais depuis son mariage avec Charles VIII, Blavet était un port du royaume. La
découverte de l'Amérique
(par Christophe Colomb en 1492) Cette
découverte fut suivie d'autres explorations et
entraîna une augmentation des échanges maritimes
préexistants avec la Baltique et la
Méditerranée,
et une encore timide percée outre-Atlantique. Quelques
pêcheurs port-louisiens s'enhardirent à
pécher la
morue à Terre-Neuve.
Le XVè siècle se fermait sur ces deux événements importants dont les véritables conséquences économico-politiques devaient se faire sentir ultérieurement.
sénéchaussée
: territoire de juridiction du sénéchal, officier
royal
chargé de la Justice, de la gestion des Finances et
représentant la Noblesse. éponyme : qui
donne son nom. galée,
galéace ou galéasse (de l'italien galea
galère) : navire à voiles et à
rames. |