Le temps des bretons : à partir du Ve siècle



Les relations entre l'Armorique et l'île de Bretagne (la Grande-Bretagne) ont toujours été fréquentes même sous la domination romaine. Tacite a dit des Bretons (de Grande-Bretagne) :

" voisins des Gaulois, ils sont aussi leurs semblables ".

C'est pendant les Vème et VIème siècles que l'émigration des Bretons vers l'Armorique s'est faite massive.
Soumis aux incursions des Pictes et des Scots par le nord, puis à l'invasion des Saxons par l'est, les Bretons ont naturellement émigré vers le nord et l'ouest de l'Armorique. Ils se sont déplacés en clans et ont reconstitué leur groupe communautaire, et ceci d'autant plus aisément que l'Empire romain s'étant effondré, ils venaient renforcer un peuple culturellement très proche.
Les chefs de clan, souvent aussi chefs religieux, ont laissé des traces de leur passage dans la toponymie, saint Péran et saint Malo par exemple.
Les prêtres firent oeuvre de pionniers.
On retrouve les traces de plusieurs d'entre eux sur les bords du Blavet : entre Port-Louis et Hennebont, on montre toujours une grotte considérée comme l'ermitage de saint Gunthiern, le saint éponyme de Locoyarn et fondateur de la paroisse de Kervignac au VIe siècle. Sur la rive droite du Blavet, Caradec fut à l'origine de Saint-Caradec, Guenhaël de Saint-Gwenhaël, et Phélan, au Faouëdic, a laissé le nom de Moustoir à un quartier de Lorient.




Sur le plan politique, les clans bretons s'étaient reconstitués selon leur origine : 

- les Domnonii formaient la Domnonée au nord,

- les Cornovii, la nouvelle Cornouaille (Kerné) à l'ouest

- et lorsque Waroch s'empara de Vannes, demeurée enclave romaine, il fonda le Bro-Waroch (pays de Waroch) qui deviendra Bro-Erec.


Plusieurs rois, dont certains noms nous sont parvenus, Waroch, Morvan, Judicaël, Nominoë, Salomon, se partageaient ces territoires.