18ème siècle : explorateurs, paquebots et Port-Liberté


Les explorateurs


Malgré l'installation de la Marine Royale à Port-Louis, les aménagements portuaires demeuraient très rudimentaires par rapport à ceux de sa voisine, l'Orient. Des règnes de Louis XV et de Louis XVI, on ne retient guère que l'extension des conserveries de poisson (les presses à sardines), la construction de la grande poudrière en 1750 et des aménagements urbanistiques : la Place des Victoires, la rue Saint-Louis (en l'honneur de Louis XV).

Plusieurs Port-Louisiens s'illustrèrent parmi les navigateurs de l'époque, comme capitaines ou même comme explorateurs, tels Jean-François de Surville  et Julien Crozet.

Le Port-Louis abrita de nombreux régiments pendant cette période, et prit une part active à la défense de Lorient en 1746, contre le débarquement des Anglais.
Des troupes françaises embarquèrent au Port-Louis pour aller aider les Américains dans leur guerre d'Indépendance.


packet-boat

La Régie des paquebots de Port-Louis


De 1783 à 1786, sept paquebots (packet-boat) acheminèrent tour à tour, chaque mois, le courrier et des passagers entre Port-Louis (Lorient) et New-York. Le Traité de Paix de 1783 partit par le Courrier de l'Europe, pour être ratifié aux Etats-Unis. Début 1784, le Courrier de Port-Louis sombra devant Long Island, puis en juin 1784, Lafayette partit sur le Courrier de New-York pour une visite d'amitié au général Washington.






un chouan
Nature et Bretagne - Sized 85
Port-Liberté

Port-Louis, à l'heure de la Révolution

Ce fut dans une ambiance d'union et de kermesse que la Révolution débuta à Port-Louis. Te Deum, feux de joie, défilés patriotiques, salves de canon se mêlaient. Municipalité, clergé, officiers et soldats juraient fidélité à " la Nation, au Roi et à la Loi ".On continuait à fêter la Saint-Louis mais la citadelle se remplissait de prisonniers, nobles ou prêtres réfractaires et plus tard de Chouans et d'insurgés de Quiberon. A Port-Louis, un seul prêtre n'avait pas prêté serment à la Constitution Civile du Clergé.

Port-Louis, qui avait proposé de reprendre son ancien nom de Blavet, devint Port-Liberté, par décret de la Convention Nationale, le 24 octobre 1792. Les rues et les enseignes qui évoquaient l'Ancien Régime furent rebaptisées. On planta des arbres de la Liberté. Le mobilier du couvent des Récollets fut vendu; le calvaire et la fontaine de la Place Saint-Pierre furent démolis et les matériaux servirent à construire le grand pont de la citadelle.

Port-Liberté étant entouré de fiefs chouans importants (Riantec, Plouhinec), on renforça les défenses, en 1793, à Kerzo et à l'entrée de la ville. Mais, dans son isolement, Port-Liberté souffrit pendant plusieurs années d'une cruelle disette.

La suppression de la Compagnie des Indes, en 1797, clôt le XVIIIème siècle. La Marine, récupère un arsenal tout aménagé à Lorient et délaisse Port-Liberté.