Charles
II, duc de Cossé
Brissac
(1550 - 1621)
Maréchal
de France
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Il
est né en 1550, au château d'Estelan, en
Normandie. En
qualité de cadet, il était destiné
à
l'état ecclésiastique, mais la mort
prématurée de son frère
aîné, en
1569, changea le cours de son existence. Il commença une
carrière dans la marine.
En 1582, lieutenant-général du colonel Strozzi,
il
participa à la désastreuse bataille navale des
Açores. Ayant reçu ensuite le gouvernement
d'Angers, il
ne demeura pas longtemps dans cette place, et de concert avec le duc de
Guise, reprit Donzay et Rocroi, tombées au pouvoir des
protestants. |
Arrêté par Henri III en 1588 après
l'assassinat du
duc de Guise, et relâché, il retourna dans les
rangs de la
Ligue et en 1589, figura dans les troupes qui tenaient Henri IV en
échec à Rouen. En janvier 1594, il fut
nommé
gouverneur de Paris par le duc de Mayenne. La capitale était
encore aux mains des ligueurs, mais depuis le sacre de Henri IV, le 27
février 1594, le Parlement, la haute bourgeoisie et beaucoup
de
militaires lui étaient favorables. Brissac
lui-même,
devant la tournure des événements,
prêta une
oreille complaisante aux propositions qui lui étaient faites
:
« Henri
IV envoya le 14 mars un de ses fidèles négocier
avec le
gouverneur de Paris la reddition de la ville : pour le gagner
à
la cause royaliste, il lui promit une forte somme d'argent et un
bâton de maréchal. Aidé du
prévôt des
marchands et de quelques échevins secrètement
ralliés, il allait orchestrer l'entrée d'Henri IV
dans
Paris, à l'insu du légat pontifical et de
l'ambassadeur
extraordinaire du roi d'Espagne, le duc de Féria
». Brissac fit le nécessaire : « Il
envoya deux émissaires avertir le roi que tout serait
prêt
le 22 mars et qu'il ferait dégarnir la porte Neuve et la
porte
Saint-Denis ».
A l'aube du 22 mars 1594, quelques
compagnies
royales s'infiltrèrent silencieusement dans la capitale,
occupèrent les points stratégiques et
braquèrent
les canons des remparts sur la ville. Quand le roi se
présenta
à la Porte Neuve (à la hauteur de l'actuel pont
du
Carrousel), il fut accueilli par le gouverneur Brissac qui lui
présenta une belle écharpe de broderie. Le
prévôt des marchands Lhuillier et
l'échevin
Langlois lui remirent les clefs de la ville. Sa Majesté, en
accolant Brissac, l'honora du titre de Maréchal de France et
lui
donna l'écharpe blanche qu'il portait.
De Paris, le nouveau
maréchal gagna la
Bretagne dont il
fut le Lieutenant-Général. Il reçut
mission d'y
combattre Mercoeur et les Espagnols.
Après la
paix de Vervins (mai 1598), il fit
de longs
séjours à Blavet. C'est bien à
contrecoeur qu'il
reçut de Henri IV l'ordre de démolir la citadelle
édifiée par les Espagnols. La lenteur des travaux
permit
de conserver deux bastions et le donjon, et le Maréchal eut
la
satisfaction, sous Louis XIII, de mener la seconde campagne de
construction de la fortification (1616 à 1621). Ce sont
d'ailleurs les architectes du château de Brissac, Jacques
Corbineau, Léonard Malherbe et René Le Meunier
qui
remirent en état et achevèrent la citadelle de
Port-Louis. En 1611, le Maréchal de Brissac fut promu duc et
pair. S'il était le troisième Maréchal
de Brissac,
il était le premier duc de ce nom. Entre temps, en 1573,
Charles
II s'était marié avec Judith d'Acigné,
puis avec
Louise d'Ognies, en 1602. Si Port Louis doit son nom à Louis
XIII, les Cossé-Brissac y investirent beaucoup d'argent et
en
tirèrent beaucoup de gloire : plus de cent ans
après, on
voyait encore leurs armes partout.
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Blason de
la famille de Cossé-Brissac
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De
sable
à trois fasces d’or, dentelées par le
bas
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