Jacques Henri Bernardin de Saint-Pierre

(1737 - 1814) 

Romancier


Le Port-Louis de Bretagne  a-t-il autant de charme que le Port-Louis de l'île de France ?


texet Bernardin de St Pierre

Rêvant d’aventure dès l’enfance, Bernardin de Saint-Pierre s’embarque à 12 ans sur le navire d’un de ses oncles qui se rend à la Martinique.
Devenu ingénieur militaire, il fait plusieurs séjours à l’étranger.
En 1768, il est envoyé en mission à l’île de France (île Maurice). De ce séjour, il puisera la matière de plusieurs livres dont son célèbre Paul et Virginie (1788).

Avant son départ pour l’île de France, Bernardin de Saint-Pierre séjourne à Lorient du 4 janvier au 3 mars 1768. Il écrit le 18 janvier :

“Le Port-Louis est une ville ancienne et déserte. C’est un vieux gentilhomme auprès d’un financier.
La noblesse demeure au Port-Louis ; mais les marchands, les mousselines, les soieries, l’argent, les jolies femmes se trouvent à Lorient.
Les mœurs y sont les mêmes que dans tous les ports de commerce.”

 
Le 20 janvier, il fait une promenade à Port-Louis :

“Il faisait grand vent. Nous avons traversé la ville sans y rencontrer personne.
J’ai vu, des murs de la citadelle, l’horizon bien noir, l’île de Groix couverte de brume, la pleine mer fort agitée ;
au loin de gros vaisseaux à la cape, de pauvres chasse-marée à la voile entre deux lames ;
sur le rivage, des troupes de femmes transies de froid et de crainte ;
une sentinelle à la pointe d’un bastion, tout étonnée de la hardiesse de ces malheureuses qui pêchent,
avec les mauves et les goélands, au milieu de la tempête.
Nous sommes revenus bien boutonnés, bien mouillés, et la main sur nos chapeaux.”


A son retour, en mai 1771, la région lui semble cependant moins inhospitalière :

”…chacun s’empressait sur les lisses à voir monter le pilote à bord…
il avait de gros pains de seigle que nous mangeâmes de grand appétit car ils avaient été cuits en France…
Le matin nous longeâmes l’île de Groix et nous vînmes au mouillage.
Les commis des fermes, suivant l’usage, montèrent sur le vaisseau ;
après quoi une infinité de barques de pêcheurs nous abordèrent…
Nous ne pouvions nous lasser d’admirer la terre de France”

M. R.

Bibliographie
Bernardin de Saint-Pierre - Pages oubliées sur la Bretagne - Nouv. Revue de Brest., 1952