La citadelle et les remparts

Les fortifications de Port-Louis ont une renommée nationale et représente un exemple significatif des systèmes défensifs antérieur au système de Vauban.

Ces défenses se répartissent en trois pôles remarquables :
la citadelleLa citadelle  

Elle présente aujourd'hui un aspect extérieur particulièrement impressionnant et les restaurations successives (tuiles-canal sur la porte de la demi-lune, réfection des échauguettes, parements des bastions en granite) participent à souligner la beauté des lignes et des volumes.
Edifiée par les Espagnols à partir de la fin du XVIème sous le nom de "Fuerte del Aguila", à moitié démolie au début du XVIIème, complétée et, enfin, achevée en 1642, elle est l'élément clé de la défense de la rade. (cf histoire)


Les remparts  

rempartsAu milieu du XVIIème siècle une enceinte fortifiée est bâtie. Elle entoure la presqu'île, une quarantaine d'hectares dont la ville n'occupe que le tiers. Cette enceinte est composée de trois parties distinctes :
  • le front de mer, formé d'une simple courtine et de tours creuses, d'aspect archaïque, la mer et les rochers interdisant de ce côté une attaque en force.
  • le port où, par économie, les maisons existantes le long de la rue de la Pointe ont été conservées, réunies par un mur, et tiennent lieu de rempart.
  • le front de terre, sur l'isthme, avec un bastion et deux demi-bastions, renforcés par de larges terre-pleins. La Grande Porte de la ville, dans le flanc sud du bastion, est orientée de telle manière qu'elle ne peut être vue par l'artillerie ennemie.
Au siècle suivant on protège les accès de la ville et on interdit l'approche des villages hors les murs du Driasker et de Locmalo par un retranchement en terre, l'ouvrage de l'Avancée.

Les maisons de la rue de la Pointe sont démolies plus tard pour établir un véritable rempart du côté du port. Mais en raison de l'évolution des armes et des techniques, les militaires abandonnent à la fin du XIXème siècle la plus grande partie des fortifications.

Celles de la rue de la Pointe sont transformées en promenade urbaine plantée ; le front de terre, acquis par la ville, est démoli en vue de créer du terrain à bâtir.

L'ensemble du front de mer, au sud, entre la citadelle et le bastion du Papegaut, demeuré presque intact, présente un aspect particulièrement spectaculaire.

Les bâtiments logistiques

Les deux poudrières situées à l'intérieur du front de mer sud, l'une à peu près au niveau de la tour de Nesmond, qui date de 1750 ; la seconde plus petite à proximité du bastion du Papegaut.

La grande poudrière de 1750 est un édifice magnifique, par son décor et sa structure. Son environnement est constitué par l'hôpital des Récollets, le lavoir et la fontaine qui forment un ensemble unique pour la visite.
grande poudrière parc à boulets
Grande poudrière - 1750 Parc à boulets - 1847
La ville concède au département de guerre un terrain de 864m2
destiné au stockage des boulets

Le tir du Papegaut  


le bastion du papegautUne grande réjouissance très populaire qui dura près de deux siècles, de 1575 à 1770, était celle du tir du papegaut ; à l'origine destiné à maintenir une milice entrainée ; elle avait lieu, chaque année, le premier dimanche de mai. papegault

Le privilège du papegaut, car c'était un privilège, avait été accordé par Henri III aux habitants de Blavet par ses lettres d'avril 1575 et de mai 1577. Le papegaut était un perroquet de bois planté au haut d'un mât et qu'il s'agissait d'abattre d'un coup d'arquebuse. Le tireur qui réalisait cet exploit recevait le titre de " roi " et avait le droit "d'amener, vendre ou faire vendre et distribuer par menu détail", au dit Blavet, 20 tonneaux "de vin d'un tel crû et pays qu'il [aviserait], franc, quitte et exempt de tous tributs, impôts et billot". Henri III, par deux fois, l'avait fixé à 36 tonneaux. La Chambre des Comptes de Bretagne avait réduit ce droit à 20 tonneaux.

Par arrêt du 7 mai 1770, Louis XV supprima cette vieille institution, estimée désuète, et "pour les habitants, un objet de dépense, de dissipation et de dérangement, une occasion de querelles, de procès et d'accidents funestes.".

La somme du Privilège dévolu au PAPEGAUT servit alors à l'entretien des enfants "trouvés" élevés par l'Hôpital.