La pêche
à la sardine sur les côtes
bretonnes est
une activité qui remonte à l'antiquité.
Jusqu'au milieu du 19ème siècle, la pêche était consommée "en vert", c'est à dire fraîche et recouverte de sel, par la population côtière, et surtout expédiée par charrettes et chasse-marée dans les villes. Le reste était dirigé vers les presses. Les sardines y étaient entassées dans des barriques et pressées pour en extraire une huile d'éclairage. Les tonneaux de sardines pressées qui pouvaient se conserver un ou deux ans, étaient exportés vers Nantes, Bordeaux et l'Espagne. Les conserveries
![]() Un bouleversement
radical dû à la
découverte de la des conserves va faire de la pêche à la sardine
une source
de prospérité pour une grande partie des
populations
littorales attirées par cette pêche "facile" et
les gains
qu'elle pouvait procurer en période d'abondance, mais aussi
une
cause de misère quand elle manquait.
Les friteries
prirent la place des presses. Le succès était tel
que
l'on voyait
même des agriculteurs abandonner leurs terres pour cette
pêche côtière si tentante.
En 1906, Port-Louis possédait encore six usines qui produisirent, cette année-là, 600 tonnes de conserves et 15 tonnes de sardines pressées. Locmalo comptait alors 274 bateaux montés par 1370 marins. En 1911, Port-Louis était classé 14ème port de pêche français. Jusqu'à la première guerre mondiale se succédèrent périodes d'abondance et périodes de crise. Le manque de poisson mais aussi la surabondance et la concurrence étrangère créèrent de nombreuses difficultés. De 1902 à 1908, par exemple, la Bretagne maritime traversa des années de misère allant jusqu'à la famine dans certains ports. Aujourd'hui nous
avons bien du mal à imaginer cette
multitude de
voiles ralliant le port, cette effervescence sur les quais et les
cales, cette activité fébrile des conserveries,
toute
cette agitation causée par ce poisson minuscule et
capricieux :
la sardine.
Les "presseuses" avaient la réputation d'être "légères" et beaucoup d'entre elles était filles mères. Au XVIIIème siècle, les presses occupaient en moyenne trois femmes par bateau de pêche qui y livrait leurs sardines. Au quartier du Port-Louis en 1757 on comptait 1800 personnes aux presses. Le barilleur responsable du rangement des sardines dans les barils, était théoriquement considéré comme commis aux écritures relatives à rentrée et à la distribution de la rogue et du sel aux bateaux travaillant pour sa maison. En 1830 il y avait dans l'arrondissement de Lorient 50 presses occupant 100 tonneliers et pas moins de 400 femmes. Les presses étaient de très grosses consommatrices de sel. Elles se fournissaient sous le règne de Louis XIII, à BROUAGE (Charente Maritime) au POULIGUEN ou au CROISIC. A la fin du XVIIème siècle, le sel provenait principalement des marais salants créés par les moines du Prieuré de GAVRES. Après la Révolution ces marais salants appartenaient à un dénommé GAY de Lorient qui les avaient achetés quand le Prieuré de Gâvres fut vendu comme bien national en 1791. Ces salines furent plus tard affermées à un certain Guillaume DANIGO. Dès leur arrivée à l'usine les sardines sont apportées sur les tables, des ouvrières, à l'aide d'un couteau leur enlèvent d'un seul coup, tête et intestin sans ouvrir le ventre, grâce à un tour de main particulier. Les déchets sont jetés à mesure dans des baquets, tandis que les poissons étêtés sont rapidement lavés puis plongés dans des cuves à saumure. La durée du saumurage varie de cinq minutes à quelques heures suivant la grosseur des poissons et l'époque.
Il ne reste plus qu'à les égoutter et à les mettre en boîtes. On emboîte en "blanc" c'est à dire ventre en l'air, ou en" bleu" c'est à dire dos dessus. On remplit la boîte d'huile avant de la présenter à la sertisseuse. La dernière opération, la stérilisation, consiste à introduire les boîtes dans des autoclaves pour y être portées à la température de 110 degrés pendant une heure, une heure et demie. L'assaisonnement peut être varié et relève parfois du secret. Dès 1810 les anglais utilisent le fer blanc pour confectionner les premières boîtes de conserve. Ce matériau, léger, robuste, malléable, s'avère tout à fait adapté à cet usage. Son emploi se généralise rapidement. La technique de fabrication du fer blanc a probablement été mise au point en Bohème vers la fin du XIIIème siècle. Il s'agit de tôles de fer, décapées à l'acide puis trempées dans un bain d'étain. En France il faut attendre le milieu du XIXème siècle pour voir une production industrielle du fer blanc. C'est au Nantais COLIN que revient le mérite d'avoir réalisé vers 1830 les premières conserves de sardines à l'huile. De nos jours la composition du fer blanc est différente. Le matériau de base est une feuille d'acier doux recouverte d'étain, ou parfois de chrome, par électrolyse. Les feuilles de fer blanc destiné à la fabrication des boîtes de conserve peuvent être imprimées et vernies. L'impression se fait depuis 1870 grâce à la mise au point du procédé de la chromolithographie sur métal. De nos jours le fer blanc est imprimé selon le procédé offset. Les feuilles de fer blanc imprimées sont livrées au fabricant de boites qui se charge de la découpe. Les Forges d'Hennebont fournissaient les ferblanteries de la région.
|